Hôtel de ville (Benfeld - enfants)

1 ¨Hôtel de ville 1531 1619.¨

Bonjour les enfants, on m’appelle ¨le Stubi¨, c’est moi qui vais vous guider le long de ce parcours historique.

J’entends déjà vos réflexions.
- Quel  drôle de petit bonhomme.
- Il est habillé d’un costume bizarre.
- Il semble venir d’un autre siècle..

C’est vrai, je vous l’accorde, je suis petit et trapu. Je ne ressemble pas aux mortels de ce siècle, ni d’ailleurs de celui- d’avant.  
Mon  costume composé d’une redingote bleue, d’une culotte noire et ma tête coiffée de mon bicorne, me font ressembler étrangement à ce traître installé depuis des lustres à la lucarne de l’hôtel de ville..
Savez-vous qu’il a vendu Benfeld pour une bourse de pièces d’or en 1331 ? 

Vous avez dû l’apercevoir tout en haut de la tourelle de l’hôtel de ville.

Il semble soupeser de sa main gauche une aumônière remplie du prix de sa trahison. 

Le bâton qu’il tient dans sa main droite lui sert à taper chaque heure pleine de la journée et de la nuit.
Mais revenons à ma personne. 
Je suis né, il y a bien longtemps dans cette petite ville fortifiée.
Je n’ai pas d’âge, car j’ai vécu dans l’ombre de cet homme qui a, depuis tant de siècles marqué la localité de Benfeld.
Ma mission est de sauvegarder le passé de notre commune. 
Je connais tout de notre belle cité et de son passé historique. 

Mais foi de ¨Stubi¨, je vous l’affirme, j’ai le sens du devoir bien accompli.   
Pendant tous ces siècles passés dans cette bourgade, j‘ai la conviction, d’avoir exécuté en toute modestie la mission qui m’a été confiée. 
Grâce à ce grand privilège, je suis et je resterai un éternel adolescent. 

Mon aspect physique diffère un peu de l’homme, qui se trouve dans la tourelle de l’hôtel de ville. Car, je n’ai de lui que son costume.  
Regardez- moi bien les enfants, quel est le petit détail, qui me  manque ? 

Vous avez trouvé ? Je vois que vous êtes observateur. Eh oui, je ne porte pas de barbe.

Maintenant que je vous ai donné quelques détails importants sur ma petite personne, nous allons remonter le temps, afin de connaître l’histoire de ce traître.
Plus précisément, je vous invite à faire un bond dans le passé. Nous retournons au moyen Âge.                                                                                                                                                                                                                                                                                    
La légende dit qu’il s’appelait Hans, ce qui de nos jours est l’équivalent de Jean.                                                                                                                    
Son rôle faisait des envieux, car il avait le privilège d’être le sergent de la ville.
Son  travail ne s’arrêtait pas uniquement  à faire régner l’ordre. En  effet, il était également ¨le  Stubenwirt¨ . 
Cela lui donnait l’obligation de s’occuper de la restauration, qui suivait les séances de travail du conseil ou des réunions des gens influents de Benfeld.
La grande salle où se réunissaient ces personnes portait le nom de
s’ Herren-Stube.  De nos jours, on traduirait ce mot par : la salle des hommes.
On avait donc tout naturellement accolé à son  prénom  Hansel, celui de sa fonction : Stube ce qui donnera le Stubehansel. 
Je vais traduire pour vous, Jean de la salle. Mais en dialecte Stubehansel sonne beaucoup  mieux à nos oreilles.
La trahison de cet homme barbu l’a rendu funestement célèbre.
Qui ne connaît pas ¨le Stubehansel¨ dans la région !
Je vais vous retracer ce que rapporte la légende.                                                  
Cet homme en contact permanent avec les notables était au courant des affaires de la cité .
Mais, il avait dû jurer de ne jamais rien révéler de ce qu’il entendait pendant ces conversations.
Pourtant, pendant un siège,¨le Stubehansel¨ utilisa des informations entendues à la Laube pour livrer la ville à l’ennemi contre une forte somme d’argent.
La date de cette trahison n’est pas connue...
Certains la placent pendant la guerre de Trente Ans, d’autres pendant la guerre dite des Armagnacs en 1444       
D’autres disent que cela s’est passé à l’occasion du siège de la ville par le duc de Wurtemberg en 1331.
¨Le Stubehansel¨ de l’horloge, symbolise la justice. Il peut en fait également symboliser la sentence énoncée à son encontre par la cité, à savoir la mort. 
En effet, à chaque heure, il ouvre sa bouche et lève son bras.
Depuis, inlassablement, le personnage rappelle ce funeste épisode, afin qu’il ne se reproduise plus..
Un peu plus bas à gauche, ¨la mort¨ est représentée avec un sablier et une faux. Le sablier se retourne chaque heure.
À sa droite, un chevalier nommé ¨Prudencia¨ symbolise la sagesse.
Il porte à sa droite un marteau dont il se sert pour marquer les quarts d’heure. Une hallebarde est portée par sa main gauche.  
Ces automates d'art représentant des  personnages, sont souvent  sculptés en bois de chêne ou en métal. Ils indiquent les heures, en frappant une cloche à l’aide d’un marteau. On nomme cela ¨un  Jacquemart¨.
Les figurines, hissées par les pompiers, ont été remplacé en 1984, inaugurant ainsi leur nouvelle grande échelle.
Au moyen Âge, les heures de la nuit étaient régulièrement coupées par la voix du veilleur de nuit qui clamait ou chantait les heures tapantes. 
Sous une cape noire, une ombre munie d’une lanterne se déplaçait dans  les ruelles de Benfeld .
Il s’arrêtait de temps en temps, pour rassurer la population.
«  Dormez bonnes gens, le guet veille ! »
Comme on l’entendait venir de loin, les vide-goussets, tire-laine, coquins et ivrognes se dépêchaient de déguerpir. 


Le progrès a remplacé peu à peu la voix de l’homme par une machine. 
Et c’est là qu’intervient le Jacquemart, qui veut tout simplement dire

Jacques + MARTEL …. Jacques qui frappe avec un marteau.



Maison noble de 1566